Ca y est, c'est la fin du mois de mai et vos résultats d'écrits vont être disponibles. Et là, c'est que vous craigniez se réalise : vous n'êtes admissible nulle part. Que penser, que faire, comment se remettre en selle ?
Rater ses concours, c'est possible !
En ce mois d'avril ou de mai, cela fait maintenant deux ans (ou trois) que vous êtes en classe prépa. Peut-être que vous avez révisé comme une bête, peut-être que non, toujours est-il que vous allez passer – dans la joie et la bonne humeur, c'est mieux – les concours. Et là, vous ne le sentez pas. Le stress vous gagne, les hémorroïdes dues aux piments de la veille vous font danser la chacha sur votre chaise, vos connaissances s'enfuient au plus profond de l'espace intersidéral, ou alors vous n'avez même plus envie de faire d'efforts.
Parmi les possibilités suivantes pour une situation post-prépa, laquelle vous semble la plus adaptée à votre situation :
- J'ai roxxé les concours, j'ai l'école de mes rêves
- Je me suis bien démerdé, j'ai pas l'école de mes rêves, mais une école qui me convient quand même
- Je me suis un peu raté, j'ai rien eu, mais comme l'année passée s'est bien déroulée, je vais pouvoir faire une 5/2
- J'ai complètement foiré et comme l'année passée était ric-rac, c'est sûr “Fin d'études au lycée Trucmuche” va apparaître sur mon dernier bulletin de notes
Comme vous êtes lucide, la 4e possibilité s'impose.
Donc, ça y est, vous l'avez fait : vous avez raté vos concours, vous n'êtes pas admissible, et cerise sur le gâteau, même si vous le vouliez (ce qui est loin d'être sûr) vous ne pourrez pas faire de 5/2.
Mais alors, comment on fait dans ce cas-là ?
Anticiper, c'est le maître-mot
Pour l'occasion, je me fends d'une petite maxime maison : un échec réussi est un échec prévu. Ou du moins, dont les conséquences ont été prévues et prises en compte. Je m'explique.
Dans le pire des cas – c'est-à-dire le cas sus-cité : pas admissible et pas de possibilité de faire 5/2 – votre situation n'est pas très bonne. Pourquoi ? Tout simplement pour deux raisons : qu'allez-vous faire l'année prochaine ? Et, votre Bac+2 sera-t-il validé ?
En effet, à l'heure actuelle, la réforme sur l'attribution des crédits ECTS par les profs de prépa n'étant pas encore passée, ces derniers ne peuvent pas vous accorder les crédits ECTS nécessaires à la validation de votre Bac+2. C'est donc l'université à laquelle vous vous étiez inscrit en parallèle qui a la charge de vous accorder (ou pas) vos crédits ECTS, et donc de valider votre Bac+2. Et autant dire que sans admissibilité et avec des commentaires négatifs sur vos bulletins, vous risquez de devoir batailler un peu.
Dans le cas où vous vous résignez à intégrer une école d'ingénieur mais que vous gardez quand même en tête de faire la spécialité qui vous plaît (info, chimie, etc...), vous allez devoir présenter des dossiers de candidature divers endroits : écoles d'ingé accessibles sur dossier et non sur concours (INSA par exemple), filière professionnelle à la fac (Licence Pro, Master dans un Institut Universitaire Professionnalisé (IUP)), ou bien DUT en année spéciale dans un Institut Universitaire Technologique (IUT). En général, c'est à partir du mois de février et à rendre avant fin juin (sachant qu'il faut des commentaires de prof', etc ...), donc il faut prévoir ça avant de rater vos concours et pas après.
Dans le cas où vous vouliez plutôt vous orienter vers des études théoriques (comme mathématiques, recherché liée à l'informatique, ...), l'Université propose un cursus classique dans lequel il faut s'inscrire en général en début d'année, donc vous n'avez pas besoin de vraiment anticiper. Cela dit, prenez le temps de vous renseigner et surtout de contacter les responsables de la filière pour les convaincre que vous avez le niveau pour la dite filière (par exemple, vous voulez rentrer en L3 Mathématiques-Informatiques, mais en prépa, vous étiez dans l'option SI et non dans l'option Informatique, vous aurez un sacré retard à rattraper durant les vacances, et c'est à ce niveau qu'il faut convaincre le responsable de la filière en question).
L'année post-prépa : l'année primordiale
C'est l'été et vous avez les résultats de vos diverses candidatures (IUT, IUP, INSA, ...). Mise à part votre regrettée école d'ingé, vous avez réussi à avoir plus ou moins ce que vous souhaitiez. Ici se présentent deux cas de figure :
- vous ne rêvez plus d'école d'ingé, votre nouvelle formation vous plaît (plus que les cours d'électromag en prépa), c'est ce que vous voulez faire et le cadre vous convient
- vous voulez encore intégrer une école d'ingé, même si votre nouvelle formation vous convient, et même si vous avez tout un tas d'arguments valables pour garder votre situation actuelle en l'état
Dans le premier cas, et bien c'est cool. Vous avez trouvé votre voie, bossez (pas trop quand même), éclatez-vous et bonne continuation.
Dans le second cas, il va falloir penser que cette première année post-prépa est super importante pour votre future admission dans une école d'ingé (puisque c'est votre but). Pourquoi donc ? Puisque vous avez intégré une formation spécialisée (en informatique par exemple), vous allez postuler aux écoles d'ingé via les candidatures sur dossier, et non via les concours. Il vous faut donc un bon, sinon un excellent dossier. Il ne faut pas perdre de vue que la majorité des admissions se font sur concours donc il reste peu de places pour les admissions sur dossier. Vous avez donc besoin d'un bon dossier, lequel est déjà handicapé par deux années de prépa avec, dans la plupart des cas, des commentaires peu glorieux de la part de vos profs. Il va donc falloir vous arracher sur cette première année, montrer que vous avez du répondant, que votre "échec" de prépa n'a pas entamé votre motivation, que vous êtes capable de repartir du bon pied. Les meilleurs résultats possibles sont les bienvenus, majorer sa nouvelle promo c'est bien aussi. Ca ne veut pas dire qu'il faut la jouer perso et n'aider personne. Ne faites pas le plaisir à ceux qui ne connaissent pas la prépa de confirmer les idées reçues qu'ils peuvent avoir (ça c'est un point de vue perso, mais j'y tiens). N'ayez pas peur de réviser vos partiels (après le travail acharné de prépa, ça ne devrait pas être trop dur Wink). Bref, roxxez, parce que votre admission en dépend grandement.
Relativiser
Enfin, voici venue une petite touche de psychologie. Intégrer une école d'ingé sur concours, c'est montrer sa capacité en ingurgiter un max de connaissances théoriques et à raisonner de façon abstraite. Il faut se dire que tout le monde n'est pas égal devant cette logique-là. Vous pouvez être un roxxor de l'informatique, être passionné de chimie, avoir une âme de chef d'équipe et/ou de dirigeant. Vous auriez parfaitement votre place en école d'ingé, mais voilà, vous n'aimez pas ce mode d'études, ou alors vous aimez avoir des applications concrètes à étudier pour assimiler, ou bien encore vous êtes fatigué moralement et vous ne tenez plus. Bref, il y a un tas de raisons valables pour que votre prépa se finisse mal.
Là, il faut relativiser. Il faut se dire - parce que c'est vrai - que les concours ne sont qu'un exercice de style très restrictif, très peu représentatif de vos véritables capacités. Et que la prépa, c'est tout simplement ce qui prépare à ce mode de sélection dit "des meilleurs", et qui en fait n'est pas juste envers la diversité des modes de travail et de réflexion qui existent chez les étudiants. La prépa, ce n'est qu'un passage ! Vous étiez bon avant la prépa, un domaine vous motive, vous serez bon dans ce domaine même après une prépa "ratée". L'important, comme dans tous les évènements un peu difficiles, c'est d'arriver à faire le bilan. Trouver tout ce qui a été positif dans cette expérience et en faire une de vos nouvelles forces.
La prépa est maintenant derrière vous, ne ruminez pas votre déception, ayez un objectif (ça peut être d'intégrer une école d'ingé), et atteignez-le ! Après avoir fait deux ans de prépa, si vous ne devenez pas une loque, il y a peu de chances que vous n'ayez pas les moyens d'atteindre vos objectifs.
Note : si vous décidez d'abandonner la prépa à la fin de la première année, les mêmes conseils s'appliquent : prenez-y vous suffisamment à l'avance pour les dossiers d'IUT, IUP ou INSA, ou bien préparez-vous aux concours des Petites Mines.

