Quelle prépa choisir ?

Quel casse-tête hein de se décider pour choisir tel ou tel établissement, surtout si vous habitez en "province" (définition parisienne : hors de Paris quoi...). Les parents veulent que vous alliez ici ou là, vous brident ou, au contraire, vous poussent à aller dans un établissement que vous détestez profondément. Pour vous aider dans ce choix parfois cornélien, Taupin Malin est encore là pour vous aider, alors on commence la visite tout de suite et n'oubliez pas le guide ;).

Pour le choix si difficile (ou pas) de sa classe prépa, il n'y a selon moi que 2 critères principaux et deux choix particuliers :

La réputation

Il n'échappera sans doute que les prépas sont loin d'être égales devant la réussite... Ou sinon je vous suggère de comparer les résultats entre elles et le doute sera éclairci. Donc il est évident que le choix d'une classe préparatoire doit être fait en gardant à l'esprit le niveau de celle-ci. Pour départager ces prépas, certains classements existent sur des journaux ou des livres réédités chaque année. Il est utile de les consulter pour information car, dans ce cas, la curiosité n'est jamais inutile. Mais ensuite, il faut savoir comment interpréter ces renseignements. Ici, je vais vous exposer 2 types de réactions différentes sachant que je suis partisan de la seconde, mais mon souci d'exhaustivité et le fait que je pense que le premier est partagé par une partie de l'équipe de Taupin Malin m'oblige à vous le communiquer :

  • Tout d'abord, il y a le point de vue de ceux qui pensent que certaines prépas ne sont pas faites pour eux et qui décident donc d'un "créneau" de prépas qui sont ni trop bonnes, ni trop mauvaises pour les accueillir. Ils veulent, dans ce choix, s'assurer de rester dans une classe où ils suivront assez aisément le cours pour ne pas perdre pied complétement après des années de lycée passées en tête de classe. Cette interprétation a le gros mérite de vous épargner un coup au moral important si vous entriez dans une prépa où le niveau moyen des élèves vous dépasse, bien évidemment. Mais il est évident que cela vous prive de certaines chances au concours, car votre formation sera adaptée à la moyenne de compréhension de votre classe, donc plus bas, et cela entraînera une baisse automatique de vos objectifs.
  • Mais d'autre part, il existe l'option, que je défends, de passer outre l'auto-censure. L'éducation nationale paie des enseignants pour décider si vous êtes apte ou non à entrer dans telle ou telle prépa. En outre, l'inscription étant gratuite (sauf pour les lycées privés), qu'a-t-on à perdre ! Il est vrai que ces jugements ne sont pas tous infaillibles, et puis il est certain qu'il faut un dernier de la classe : c'est inévitable ! Mais être dernier dans votre classe n'a pas de sens dans la logique des concours où seul votre performance d'un jour et votre réussite au niveau national seront prises en compte ! Donc votre seule contrainte est de déterminer quelle est la plus faible prépa que vous demanderez, pour le reste, n'ayez pas peur de demander grand : ne soyez pas enfermé par le niveau que vos profs de lycée vous ont inculqué de suivre, car eux aussi peuvent être très mauvais juges de votre niveau réel, et ce n'est pas à cet avis que vous devez subordonner totalement votre orientation. Il n'y a aucune raison de reculer devant une bonne prépa. Le moral s'en ressentira plus, c'est certain, mais les objectifs au concours seront alors très appréciables. De plus, il est évident qu'il est plus facile de se réorienter à partir d'une bonne prépa en cas d'échec, que ce soit vers une autre filière d'orientation ou seulement pour changer d'établissement. Le chemin contraire, qui consiste à être promu depuis une prépa plus faible vers un autre établissement reste bien sûr possible, mais ce sera plus difficile... Donc c'est selon moi la ligne de conduite à adopter, sans oublier bien sur le deuxième critère de choix.

La localisation

Ce critère a une implication double : le type de logement que vous allez avoir et la fréquence des contacts avec votre famille. Donc il faut garder cela toujours à l'esprit.

Tout d'abord, s'il existe une prépa très près de chez vous (environ 30 mn de voiture), vous pourrez envisager de faire une prépa tout en restant chez vous. Sinon il vous faudra vous expatrier, et alors vous devrez déterminer à quelle fréquence vous aurez besoin de voir votre famille. Si cela doit être souvent (généralement tous les week-ends), il faudra privilégier une zone où les trajets ne dépasse pas les 3h de train ou de voiture (si bien sûr vous ou un ami avaient le permis), sinon le transport risque d'être chronophage, sachant qu'il n'est pas franchement reposant, ni idéal pour travailler. Mais si vous ne supportez pas votre famille, ou que vous avez décidé de sacrifier intégralement vos deux années à votre réussite, il n'y a alors plus aucune limite à votre choix, excepté que si vous n'êtes pas accepté en internat (ou si il n'y en a pas) il faudra vous loger. Dans tous les cas, il faut vous ménager et ne pas trop forcer votre nature : le mauvais choix pourrait avoir un impact désagréable sur votre scolarité en prépa alors réfléchissez-y...

Voilà donc pour ce qui est des 2 critères primordiaux de choix de votre prépa. Un dernier point : ne vous fiez pas aveuglément aux réputations d'établissement colportées par les élèves, que ce soit au niveau du rythme de travail, ou même de l'ambiance en classe. Il vous faut savoir que cela dépend beaucoup plus des enseignants que de la prépa elle-même et que donc chaque classe dans un même établissment peut sensiblement différer. A bon entendeur...

Pour finir je vais m'étendre sur deux choix particuliers que vous pourrez avoir à faire concernant les prépas :

Parisienne or not ?

Je ne reviendrais pas sur ce que j'ai déja développé plus haut, mais je voudrais préciser les particularités (objectives) des prépas parisiennes.

En premier lieu, certaines d'entre elles sont comme vous le savez sûrement créditées de résultats très bons voire impressionnants aux concours par rapport au reste des prépas qui se partagent les places à l'X et aux Mines de Paris que les élèves d'Henri IV et les magnoludoviciens (ceux de Louis le Grand) veulent bien leur laisser. Donc il est évident que la seule présence au sein de ces établissements prestigieux est en elle-même un gage de réussite future aux concours. En second lieu, il est à remarquer le caractère particulier des transports en France. On peut en effet croire que tous les rails (ou toutes les lignes aériennes, ça marche aussi) mènent à Paris. Donc, là-bas, si vous ne trouvez pas le moyen de rentrer chez vous assez rapidement (Toulouse à 5h de train, Marseille à 3h, Brest à 4h, etc... et toutes les grandes villes de France à 1h d'avion), vous le faites sans doute exprès.

Pour finir quand même sur une note un peu négative, si vous n'avez pas d'Internat, il faudra vous loger dans cette ville où les loyers explosent, et, si Paris peut être agréable à visiter pendant quelques semaines, vous ne supporterez pas forcément de vivre dans cette gigantesque fourmillière toute l'année (mais là c'est une question de caractère).

Privée ou publique ?

Alors là au moins, j'ai un avis tranché sur la question : je suis totalement contre les lycées privés dont les prix à l'année me donnent la nausée. Mais bon dans un soucis d'honnêteté, je vais vous exposer le pour et le contre quand même.

La prépa privée (en général un établissement catholique) peut vous apporter plusieurs choses : des classes pouvant être plus réduites (ou pas...), des profs mieux payés donc plus dynamiques, un meilleur équipement (vu le prix que vous payez !) et la possibilité d'aller à la messe une fois par semaine. Mais si le dernier point est quasi assuré dans un établissement, le reste est de l'ordre purement théorique, et même si c'est vrai il n'y aura pas vraiment de miracles. De plus il est possible de faire 7/2 dans le privé (soit trois années de Spé).

Mais face à cela, il existe une méthode dans certaines prépas privées qui outre le prix prohibitif, me révolte. Je ne peux pas dire que c'est cela dans toutes les prépas privées mais cela vaut la peine d'être mentionné : la modification artificielle des résultats. Il existe pour ça 2 méthodes que je connais : le passage "forcé" en 5/2 (en fait on vous l'inculque pendant 2 ans, pour que ça devienne "naturel", et puis on a forcément de meilleurs résultats en 3 ans) et le passage en candidats libres des mauvais élèves (comme ça, ça épure les statistiques du lycée, surtout en pourcentage de réussite hein). Bon je ne citerai pas les noms de lycée mais vous m'avez compris : vigilance ! Au-dela, il ne faut pas nier que ça reste aussi une opportunité de faire une prépa donc il faut aussi l'envisager.

Sur ce, je crois que je vous ai donné les clés pour faire le meilleur choix donc il vous reste à foncer, et bon courage !