Les oraux - Work in paris

Et oui, vous n'êtes pas à Paris en tant que touriste, mais bel et bien pour conclure de somptueuse manière deux, voire trois, sinon quatre (cinq ?!) années de prépa. Donc maintenant que vous savez comment vous allez survivre dans la jungle parisienne, il est temps de vous apprendre comment roxxer dans ladite jungle.

Les oraux, c'est toute une science, basée sur la synergie entre les trois composantes fondamentales de tout exam : le stress, le correcteur (Mr Smith), et la chance. L'équation est la suivante :

Chance (Vous + Mr Smith) *1/Stress = note

Le stress

Ca c'est pas compliqué, ça se gère. D'une part, vous avez eu des khôlles pendant deux ans qui vous ont sans doute préparées à la chose, de telle sorte que vous ne vous aventurerez pas trop dans l'inconnu. Et si vous savez à quoi vous attendre, vous avez déjà fait la moitié du boulot. Parce que le stress, ça vient surtout de la trouille sidérale de pas savoir ce qui vous attend. Il est donc important de s'informer sur les types d'oraux et les modalités de chaque concours, histoire de savoir exactement ce que vous avez à faire le jour J.

L'autre moitié, justement, c'est savoir comment le faire : la préparation ! Si vous êtes sûr de vous et de vos révisions, que vous savez que vous avez fait le maximum pendant vos révisions, c'est le coeur vaillant et le moral en acier trempé que vous serez prêt à aller fracasser le prof et son exo, que vous, winner convaincu savez résoudre sans prendre la peine de lire le sujet, à tel point que c'est même pas la peine que vous y alliez, à ces foutus oraux, tellement vous êtes trop fort.
Vous aurez bien sur compris qu'être trop sûr de soi, c'est pas forcément le top, il n'y a rien de mieux pour faire des erreurs bêtes et horripiler l'examinateur (Mr Smith, on avait dit ?). D'un autre côté, l'attitude de loser intégral n'est pas forcément conseillée non plus, et je vous fait la grâce de pas vous expliquer pourquoi.

En résumé, pour gérer le stress, il faut être PRÉPARÉ! C'est en sachant où vous allez, ce que vous allez faire, et en vous disant que c'est le bout du tunnel (peu importe ce qui vous attend à la sortie, deux tunnels d'affilée, ça c'est déjà vu), que vous pourrez vous affranchir de cet odieux sentiment. Et si vous en avez quand même un peu, c'est normal, vous êtes juste conscient de l'importance du moment, ce qui est bien (ça veut pas dire que si vous êtes absolument pas stressé, vous êtes un salaud froid et cynique, hein).
Au demeurant, après des écrits bien plus stressants et une dizaine d'oraux Centrale derrière vous, vous serez comme un taupin dans les annales : à l'aise.
Cela dit, et je reviens sur le sujet, il est totalement inutile de tenter de réviser pendant vos oraux, ça ne fera que vous stresser inutilement, et le bénéfice à en retirer est plutôt mince. Si vous voulez bosser, il fallait vous y mettre avant. Un classeur de fiches est à la rigueur envisageable, sachez cependant que le mien s'est enfui avec un hamac de passage et n'a plus jamais réapparu.

Le correcteur, alias Mr Smith

C'est là que ça devient un poil compliqué, vu que tout devient subitement très subjectif. En effet, votre résultat dépend de Mr Smith, de vous, et de votre réaction en face de lui , zet vice-versa. Explications.

D'abord, il convient de se placer dans l'état d'esprit du Mr Smith en puissance. Vous êtes un correcteur lambda, prof ou chercheur ou peut être même ingénieur dans la vie de tous les jours, et on vous a demandé de sélectionner la future élite de la France. Du coup, vous avez chaussé vos lunettes de soleil et peaufiné votre froncement de sourcil, et vous attendez de pied ferme ces jeunes surdoués qui sont capables faire des maths en dormant. Et là vous, vraiment vous, le jeune taupin pas sûr du tout de sa perfection, il faut bien vous mettre dans la tête que vous allez devoir répondre à certaines exigences, entre autres, montrer que vous êtes capable d'être un ingénieur.
Le métier d'ingénieur, c'est 50% de mise plein la vue, 30% de baratin, 10% de technique, 5% de chance, et le reste fait encore l'objet d'études de la part d'instituts américains tout à fait sérieux.

La mise plein la vue, c'est assez simple, il faut juste vous faire à l'idée que vous allez devoir en mettre un peu un coup au niveau du vestimentaire. De quelle manière exactement ? C'est à vous de trouver le juste milieu entre le syndrome du pingouin psychotique et le T-shirt Kro (moi-même et le Toutou représentant assez bien ces deux extrêmes) : le pingouin c'est bien mais ça a tendance à être assez ridicule, en plus en Juillet, ça tient du suicide, attendez quand même les résultats avant ; et le T-shirt, ben même si vous êtes venu en touriste, c'est pas franchement la peine de le clamer à la face du monde. Il est juste important de se rappeler que Mr Smith attend un minimum syndical : lui montrer que vous prenez un peu au sérieux ce que vous faites, ce qui est en général assez bien vu dans le cadre d'un dialogue professionnel.

Le baratin, c'est pas beaucoup plus compliqué, vous avez passé deux ans à le pratiquer en essayant de convaincre des pseudo Mr Smith que vous connaissiez un cours relu à l'arrache dans le couloir juste avant la khôlle. Là, c'est pareil, sauf que vous êtes censé le connaitre et que ça se résumera surtout à le faire comprendre au vrai Mr Smith. Vous connaissez votre cours, vous savez faire l'exo qu'on vous propose, à vous de le montrer et de montrer aussi que vous serez capable plus tard de communiquer de manière aisée avec la plus grande variété possible de gens.

La technique, il en faut un peu, mais ça c'était le but de vos révisions. Il convient donc d'être capable de rameuter vos connaissances au bon moment et au bon endroit, sans quoi elles ne vous servent à rien. Le correcteur, lui, ne verra que ce que vous lui montrerez, et le fameux "ah je le savais" marche très rarement. Si vous savez faire des choses, montrez-le ! N'hésitez pas à fournir des détails non explicitement demandés, mais utiles, ce qui montrera que vous êtes capables de dépasser les attentes et de fournir une plus-value. Un roman n'est bien sûr pas nécessaire non plus, et il vaut mieux vous cantonner au détail qui tue plutôt que restituer le cours dans son intégralité.

Le reste, c'est comment Mr Smith va réagir à vous. Comment vous allez réagir avec lui est de moindre importance : sauf si vous êtes un Mr Anderson en puissance, vous n'avez pas grand chose à gagner à péter un câble face au type le plus énervant de la terre. Le problème, c'est que le type en question n'en a rien à faire, et a probablement pas mal d'oraux derrière lui. Du coup il risque de faire peu d'effort, c'est donc à vous de faire le maximum pour plaire, d'où l'intérêt des conseils ci-dessus. Que vous le blairiez ou pas, c'est pareil, mais si lui ne vous blaire pas, vous êtes mort. Et si vous êtes tombé par malheur sur votre Némesis, ben dites vous que c'est la faute à pas de chance, mais qu'il vous reste au moins la possibilité de râler.

La chance

Voila bien le maître mot de l'histoire, car de la chance dépendent quasiment tous les autres paramètres, et la fonction associée est une fonction aléatoire d'un ensemble tout ce qu'il y a de plus réel dans le plus improbable des espaces irrationnels. Dommage pour vous, ou peut être tant mieux, ça dépend de votre chance. Ainsi, ça va influer sur vos dates d'oraux, sur vos horaires (pourrez-vous taper la grasse matinée avant la cartouche ?!), sur Mr Smith, sur l'exo posé, etc...

C'est peut être pas très rigolo, mais sachez que le quota de chance nécessaire diminue sensiblement avec une bonne préparation, à vous de jouer!